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Crocodile

Updated: Sep 21, 2021

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Image by/ par B.A. Lavoie

Crododile

— Je jure que j’ai vu un crocodile comme celui sur la photo que nous avons trouvée dans les ruines de la bibliothèque de Portswood.

— Ne sois pas ridicule, Tilkia ! Ce crocodile ne vivrait pas ici, même avec le réchauffement climatique, nous sommes situés trop au nord.

— Mais nous sommes entourés par un marécage. Il est piégé dans une cage, avec un grand œil jaune vif et une pupille en forme d’étoile. Il se tient immobile, prêt à nous manger.

— À moins que nous ne le mangions d’abord, dit-il en se frottant les mains. Montre-moi.

— Oh ! Non ! Randan ! Nous ne pouvons pas le manger ! Il est probablement le dernier de son espèce.

— Comme nous !


Tilkia hoche la tête. Elle repousse ses cheveux bruns qui collent à son visage en sueur. Ses grands yeux bleus s'écarquillent dans la saleté qui barbouille ses joues et son front de bandes sombres. Randan enroule son bras autour des frêles épaules de son amie. Leurs jambes pendent au-dessus du pont brisé et ils observent leur royaume. Ignorant les deux derniers humains à Southampton, les cygnes noirs glissent sur l’eau vaseuse. De l’autre côté de la rivière, le soleil se couche sur le paysage déchiqueté de la zone submergée par les marées qui abritait autrefois un quartier dynamique. Tilkia soupire et s’écarte de l'étreinte réconfortante.


— Ma famille me manque.

— Je sais. Toi et moi, nous sommes coriaces, nous avons survécu à la peste qui a suivi les inondations. Retournons chez nous et, si nous nous dépêchons, nous prendrons le détour pour voir ton « crocodile ».


Il souligne le dernier mot avec ses doigts et Tilkia plisse son nez.


— Je te jure que c’est réel.


Ils remontent vers le Triangle, l’ancienne horloge s’y tient toujours fièrement alors que le mât de télécommunication n’est qu’un tuyau tordu sur la chaussée défoncée. Ils suivent la rivière et pénètrent dans le territoire des marais. Les essaims de mouches s’élèvent du brouillard. Bientôt, les renards et les chats sauvages règneront à nouveau sur leurs terrains de chasse. Tilkia attrape la main de Randan et ils courent les 2 km qui les séparent du crocodile.


La boue et l’eau remplissent les ruines des maisons qui, autrefois jolies, longeaient la rue Riverwalk. Tilkia pointe vers le tas de bois mort et de feuilles qui a créé une île et exposé la cage. Dans le crépuscule grandissant, Randan plisse les yeux. Il aspire un gémissement de terreur. Tilkia tremble et le supplie de partir. Il se fige un moment, puis éclate de rire.


— Ton crocodile, c’est l’ancien relais d’électricité ! Tu étais trop jeune quand l’eau a tout détruit, mais je me souviens de cet endroit, ma mamie vivait ici.


Un chat siffle dans l’une des ruines, un chien aboie suivi d’un long hurlement qui noue l’estomac. Tilkia et Randan se regardent et, main dans la main, se précipitent sur la colline pour se réfugier derrière les hauts murs de leur château.


Photo by BA Lavoie

Cette photo m'a inspirée pour écrire ce conte dystopique.


Lorsque je cours dans le parc, je passe par cet endroit. Au printemps, j’ai pris une photo et, pendant le mile du retour, j’ai créé l’histoire de Tilkia et Randan, les deux derniers humains à Southampton.



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Crododile

‘I swear I saw a crocodile like the one on the picture we found in the ruins of Portswood library.’

‘Don’t be ridiculous, Tilkia, crocodile wouldn’t live here, even with global warming we’re too far north.’

‘But we’re surrounded by a swamp. It’s trapped in a cage, with a big bright yellow eye and a star-shaped pupil. It lies very still, ready to eat us.’

‘Unless we eat it first,’ he says rubbing his hands. ‘Show me.’

‘Oh! No! Randan! We can’t eat it, what if it’s the last one of its kind.’

‘Like us?’


Tilkia nods. She moves her brown hair is sticking from her sweaty face. Her big blue eyes grow wide against her dirty cheeks and forehead. Randan wraps his arm around the frail shoulders of his friend. Their legs dangling over the broken bridge, they observe their kingdom. Oblivious to the last two humans in Southampton, the black swans glide on the murky water. On the other side of the river, the sun is setting on the jagged landscape of the submerged area that was once booming. Tilkia sighs and pulls from his comforting embrace.


‘I miss my family.’

‘I know. You and I are made of steel, we survived the plague that followed the floods. Let’s go back. If we hurry, we will make a detour to see your “crocodile”.’


He emphasises the last word with his fingers and Tilkia wrinkles her nose.


‘I swear it’s real.’


They climb pass the Triangle. whereas the old clock is still standing, the mobile mast is but a twisted pipe on the broken pavement. They follow the river and enter marsh territories. The swarms of flies soar in the fog. Soon the foxes and feral cats will take over their hunting grounds. Tilkia grabs Randan’s hand and they run the mile or so to the crocodile.


The mud and water fill the once pretty Riverwalk houses. She points toward the mount of deadwood and leaves that has created an island and exposed the cage. In the growing darkness, Randan squints. He sucks a fearful groan. Tilkia shivers and begs him to leave. He freezes for a moment, then bursts out laughing.


‘Your crocodile, it’s the old power relay! You were too young when the water destroyed everything, but I remember this place, my nan used to live here.’


A cat hisses, a dog barks followed by a long gut-twisting howl. Tilkia and Randan look at each other and, hand in hand, dash up the hill to hide behind the high walls of their castle.


Photo by BA Lavoie

This photo inspired me to write this dystopian tale.


When I run in the park, I cross this place. In the spring, I photographed this power station and, during the mile back, I created the story of Tilkia and Randan, the last two humans living in Southampton.



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