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The Gift / Le cadeau

Le cadeau / The Gift

Image by/ par B.A. Lavoie

Le cadeau

Elle cherchait ses mots, je me demandais bien ce qu’elle essayait de m’annoncer. Une angoisse glaciale saisit mon cœur. Notre père qui souffrait de démence vasculaire vivait depuis quelques années dans la maison de repos où il recevait des traitements spécialisés. Cette maladie demeure progressive et irréversible, je m’attendais au pire. Elle tournait toujours autour du pot, me parlant des fleurs dans le jardin tropical de sa verrière et de la température sur mars. J’ai fini par perdre patience :

« Jana, arrête les banalités, est-ce papa ? »

« Oh non ! Il va bien, le traitement semble fonctionner, il a reconnu ma petite Klara à notre dernière visite. »

« C’est fantastique, mais alors, qu’est-ce qui te tiraille ainsi ? »

« Ben, te souviens-tu de ce Noël quand nous avions 13 ans ? »

Comment puis-je l’oublier ? Papa et maman venaient de perdre leurs emplois à l’astroport de Lévis. Personne n’en parlait, mais nous ne nous attendions pas à trouver beaucoup de gâteries sous le sapin. Jana avait suggéré un échange secret de cadeaux, ainsi nous n’en aurions qu’un à offrir. Papa et maman ont mis une limite à deux millibitcoins. C’était cent fois plus que ce que je possédais. Jana et Lewis exploraient le monde virtuel, je me suis retirée dans le grenier pour ne pas entendre leurs éclats alors qu’ils découvraient les meilleures aubaines. La vieille machine à coudre me narguait. J’étais adossée au coffre dans lequel nous rangions tous les tissus. Je n’avais jamais obtenu beaucoup de succès avec cette machine, mais j’allais coudre un coussin pour Jana, celle que le sort avait désignée pour recevoir mon cadeau.


Le coton brossé aux motifs de tartan rouge et vert attira mon regard. C’était plutôt festif… et il y en avait plusieurs mètres. En ouvrant le tiroir pour prendre les ciseaux, je suis tombée sur un modèle « facile », celui d’une robe de chambre. Mon cerveau d’adolescente a rejeté mes doutes quant à mes talents de couturière. Au lieu de faire un coussin, j’ai entrepris la construction, en cachette, de ce vêtement.


La nuit de Noël, le repas embaumait la maison de parfums juteux et aromatiques. La neige tourbillonnait dans le jardin. Papa et maman riaient dans la cuisine. Lewis, Jana et moi mettions les plus beaux couverts sur la nappe de dentelle blanche. Il y avait cinq cadeaux enrubannés sous le sapin scintillant. Minuit a sonné ; nous avons mangé le festin délectable. Alors que nous savourions les beignets sucrés, nous avons déballé nos cadeaux. En ouvrant sa boîte, Jana s’est figée. Maman et papa m’ont sermonnée puisqu’ils croyaient que j’avais trop dépensé pour ce cadeau, mais Jana a explosé de joie en me sautant au cou et la tension s’est aussitôt estompée.

Les pleurs de Jana m’ont sortie de ces souvenirs tendres et il lui a fallu quelques minutes pour que son discours retrouve sa cohérence:

« Je suis désolée, la… robe de chambre rouge… elle tombe en lambeaux. »

« Mais pourquoi te mets-tu dans un tel état ? Ce n’est pas un problème, tu n’as qu’à l’envoyer au recyclage. »

« Je la porte tous les jours depuis 25 ans. Cette robe, c’est toi, ma jumelle. Tu te trouves si loin… depuis que tu vis sur Mars, c’était mon seul lien avec toi. »

« Gardes-en un petit carré et achète une autre robe de chambre en pensant à moi. Joyeux Noël, sœurette. »

« Je suis la plus vieille ! »

« De quelques minutes seulement. »

Le reste de la conversation a bien entendu tourné à nos platitudes hebdomadaires. Six mois plus tard, lors de l’arrivée des nouveaux colons, la cargaison contenait un colis de Jana. Parmi les gourmandises qui me manquent tant, j’ai trouvé un petit morceau de tartan rouge et vert.

 

Cette histoire puise sa source dans la réalité… pas la martienne, mais la robe de chambre ; pas la jumelle, mais ma mère. La pensée n’a pas de prix et c’est elle qui compte lorsqu’on donne à autrui notre temps ou nos cadeaux.

 

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The Gift


She was looking for her words, I wondered what she was trying to tell me. An icy anguish gripped my heart. Our father, who suffered from vascular dementia, had been living for a few years in the nursing home where he received specialised treatments. This disease is progressive and irreversible, I expected the worst. She was still evading the true reason for her call, describing the tropical flowers in her sunroom and discussing the temperature on Mars. After a while, I lost patience:

‘Jana, stop the banalities, is it Dad?’

‘Oh no! He is fine, the treatment seems to be working, he recognised my little Klara on our last visit.’

‘That’s fantastic, but then, what’s troubling you?’

‘Well, do you remember that Christmas when we were 13?’

How can I forget it? Mum and Dad had just lost their jobs at the Lévis astroport. No one was talking about it, but we didn’t expect to find many treats under the tree. Jana had suggested a secret Santa, so we would only have one gift to offer. Mum and Dad set a limit to two millibitcoins. It was 100 times more than what I owned. Jana and Lewis were exploring the virtual world, I retreated to the attic so I wouldn’t hear their outbursts as they discovered the best deals. The old sewing machine taunted me. I was leaning against the chest in which we stored all the fabrics. I had never had much success with this machine, but I would sew a cushion for Jana, the one luck had chosen to receive my gift.


The red and green tartan caught my eye. The brushed cotton was rather festive … and there were several metres of it. Opening the drawer to take the scissors, I came across an ‘easy’ pattern, that of a dressing gown. My teenage brain dismissed my doubts about my seamstress skills. Instead of a cushion, I began to build, in secret, this garment.


On Christmas Eve, the meal filled the house with juicy and aromatic scents. Snow was swirling in the garden. Mum and Dad were laughing in the kitchen. Lewis, Jana and I put the most beautiful crockery on the white lace tablecloth. There were five gifts wrapped with beautiful bows under the sparkling tree. Midnight came; we ate the delightful feast. As we savoured the sweet doughnuts, we unwrapped our gifts. Lifting the lid of the box, Jana froze. Mum and Dad lectured me since they thought I had spent too much on the gift, but Jana exploded with joy by jumping on my neck and the tension immediately faded.

Jana’s tears brought me back from these sweet memories and I waited a few minutes for her speech to become coherence again:

‘I’m sorry, the … red dressing gown … it’s falling to shreds.’

‘Why are you so upset? It’s not a problem, you could send it for recycling.’

‘I’ve been wearing it every day for 25 years. This dress is you, my twin. You’re so far away … since you’ve been living on Mars, it has been my only connection with you.’

‘Keep a small square and, thinking of me, buy another dressing gown. Merry Christmas, little sister.’

‘I’m the oldest!’

‘Just by a few minutes.’

The rest of the conversation, of course, turned to our weekly platitudes. Six months later, when the new settlers arrived, the cargo contained a package from Jana. Among the delicacies that I miss so much, I found a small piece of red and green tartan.

 

This story finds its source in reality … not the Martian, but the dressing gown; not the twin, but my mother. Thought is priceless and it is what counts when we give others our time or gifts.

 

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My first English novel: War of Taar is coming in 2022

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