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Trip to Cairo / Visite au Caire

Updated: Jun 7

Français / English

mage by Stefan Keller from Pixabay

Visite au Caire

Une nouvelle par A.B. Alabee


Jérôme n’a pas dit un mot pendant que nous attendions l’avion. Il marchait de long en large en lançant des regards furtifs vers le tarmac. Mon frère aîné était inquiet. Moi, je contenais à peine ma mauvaise humeur. À cause de ce voyage, j’ai dû quitter tous mes amis de l’école avant les vacances d’été. Jérôme s’est finalement assis à côté de moi. Ouvrant son sac à dos, il a sorti la lettre de nos parents pour la lire une millième fois. Il ne comprenait pas pourquoi ils voulaient que nous allions au Caire, et moi non plus. Nous ne les avions jamais rejoints sur un site archéologique auparavant. Un certain professeur Solomon devait nous accompagner, mais, alors qu’on annonçait notre vol, il n’était toujours pas arrivé à la barrière.


Nous avons embarqué. Je savais que même si Jérôme s’inquiétait, il dormirait pendant toute la durée du voyage. Ce ne serait pas mon cas. Le roman policier était caché dans la pochette du siège devant moi, mais au lieu d’entrer dans le monde de l’inspecteur Dalgleish, mon esprit a dérivé vers le professeur Solomon. Alors que je commençais à imaginer l’apparence du professeur Solomon, le dernier passager s’est finalement engagé dans l’allée étroite puis il s’est installé à côté de moi. Le vieil homme ressemblant à Einstein semblait perdu dans ses pensées.


Au début, il n’a rien dit, puis il a parlé à une personne inexistante :

— Non ma chérie, tu ne peux pas t’asseoir à côté de moi, la jeune fille était là avant toi.

Je me suis penché plus près de Jérôme qui m’a repoussé avec un grognement agacé. L’homme a alors regardé son ami invisible soi-disant debout dans l’allée :

— Voilà, tu lui as fait peur. Ne me dis pas que c’est inconfortable, tu es morte ! Tu te plains, tu te plains, c’est tout ce que tu sais faire !

Il s’est retourné vers moi en fixant ses yeux bleu pâle dans les miens avant de continuer.

— Pardonnez la princesse, jeune fille, elle pense qu’elle est toujours en vie. Je suis le professeur Solomon. Vous devez être Cassandra.


Scrutant l’espace où devait se trouver son invisible et défunte amie, j’ai hoché la tête lentement. Jérôme a choisi d’ignorer le comportement fou du vieil homme et s’est détourné pour s’installer sur son oreiller. À mon grand soulagement, le professeur Solomon a cessé de s’intéresser à moi et à son fantôme. Il a fermé les yeux. Ses mains ont serré les accoudoirs si fort que ses jointures sont devenues blanches. Il a retenu son souffle jusqu’à ce que l’avion ait décollé.


Dès que le panneau de la ceinture de sécurité s’est éteint, il s’est précipité dans l’allée. J’aurais préféré qu’il n’ait pas quitté sa place, car c’est à ce moment-là que la forme rougeoyante d’une princesse égyptienne est apparue sur le siège à côté de moi. Puisque je pensais que je rêvais, je me suis frotté les yeux. La princesse était à peine plus âgée que moi et de jolies tresses noires encadraient son visage. Les épais traits de khôl rendaient son regard sombre encore plus profond. Son sourire rayonnant n’a pas réussi à me rassurer et, alors qu’elle a saisi mon poignet de sa main osseuse, un frisson glacé a parcouru mon dos.


— Maintenant, ma chère, tu vas m’aider à rentrer chez moi.

— Mais… mais je ne pourrai pas faire ça !

— Oh, oui, tu le peux ! Je n’ai pas le droit de mettre les pieds sur ma terre en tant que fantôme, tu seras mon réceptacle vivant.


Je me suis débattue en vain pour me libérer de sa prise. Quand j’ai ouvert la bouche pour crier, elle a envahi mon corps. Je suis devenu le témoin des événements qui se déroulaient. Elle a dépoussiéré ma veste en denim et mon jean pour enlever une saleté imaginaire, a jeté un coup d’œil à mon roman de P.D. James, puis a tourné son attention vers mon frère. J’ai alors retrouvé ma volonté :


— Laisse Jérôme tranquille.

— Ne t’inquiète pas, j’ai ce dont j’ai besoin. Il est mignon !

— Beurk !


Elle a agité « ma » main pour se débarrasser de mon dégoût. Le visage blême du professeur Solomon a rougi lorsqu’il est revenu à son siège. Regardant nerveusement autour de lui il m’a demandé :

— Où est-elle allée à nouveau ?

J’ai voulu lui crier qu’elle se cachait en moi, mais elle lui a répondu d’une voix hypnotique qui n’était pas la mienne :

— Je ne sais pas !

— Hum ! Je retourne au Caire pour elle !

— Je parie qu’elle n’est pas très loin.

Il s’est assis à côté de nous, puis a commenté :

— En effet, elle ne peut pas errer loin de moi. Je suis désolé pour mon retard ; ma chère amie n’était pas prête.


Il a terminé sa phrase en esquissant un sourire narquois sur sa bouche. Le fantôme a mordu ma lèvre pour nous empêcher de le maudire. À chaque minute qui s’écoulait, sa colère grandissait. Même si le dernier film des Avengers jouait sur notre petit écran, je ne m’en souviens pas, car je ne voyais que le rouge de sa rage. Ces heures devinrent les plus longues et les plus ennuyeuses de ma vie…


Lorsque nous avons atterri, le professeur Solomon n’a pas bougé. Après un coup d’œil rapide, Jérôme a haussé les épaules avant de dégonfler son oreiller pour le mettre dans son sac à dos. Mes jambes sautillaient. Le bourdonnement des conversations, le cliquetis des compartiments et les fermetures éclair des bagages à main qui raisonnaient autour de nous m’appelaient à l’action. Le professeur Solomon restait immobile. Lorsque le dernier passager est passé devant notre rangée, j’ai attrapé l’accoudoir pour sortir de mon siège, mais le professeur Solomon m’a tapoté le poignet.


— Je n’aime pas les foules. Faites votre sac et attendez patiemment, jeune fille.


Je présentais un visage soumis, mais la princesse le maudissait dans mes pensées. Une énergie puissante coulait de mes pieds à mes cheveux, je me sentais comme si je retournais à la maison. Le préposé de vol nous a informés que notre chariot était arrivé. La princesse a arrêté ses plaintes incessantes et a prêté attention à l’homme qui nous guidait. Mes épaules se sont affaissées quand la princesse a vu que notre chariot était une voiturette d’aéroport. Nous nous sommes tous assis et le chauffeur nous a conduits sans entraves à travers les douanes et dans le hall des bagages. Il a ramassé nos sacs et nous avons continué jusqu’à l’arrivée où, à l’avant de la foule compacte de voyageurs, papa en costume de lin pâle et maman dans une djellaba aux rayures brillantes nous saluaient.


Embarrassée par leur exubérance, je voulais me cacher derrière les valises, mais la princesse avait d’autres plans. Elle m’a forcé à me lever et à me tenir au toit. Le professeur Solomon me demandait de m’asseoir, Jérôme tirait sur mon veston. La voiturette s’est brusquement arrêtée et j’ai frappé l’arrière du siège du conducteur. Alors que je courais vers mes parents, le chauffeur m’ordonnait de revenir. J’entendais le professeur Solomon s’excuser pour mon comportement. Je voulais parler pour moi-même, mais la princesse avait supprimé ma volonté.


Elle m’a fait sauter dans les bras de papa, et il a failli culbuter. Il riait encore de mon accueil exceptionnellement affectueux lorsque la princesse a exprimé son désir de voir la tombe. Papa a caressé ma joue et, riant toujours, m’a informée que nous irions le lendemain. La princesse grommelait, mes muscles se sont tendus et j’ai frappé du pied. La princesse ne savait pas qu’une crise d’enfant ne changerait pas la décision de mes parents.


Assis à l’étroit dans un taxi, nous nous sommes engagés dans le lent trafic de fin de journée. Le filtre rouge de la colère princière modifiait de nouveau ma perception. Cependant, alors que nous approchions de l’hôtel Ramses Hilton, les surfaces ont commencé à briller. Dans le hall, je pouvais voir clairement un chemin de lumière qui se formait en face de nous, puis dans l’ascenseur et dans le couloir. Il s’arrêtait sous la porte de notre suite. Devant la baie vitrée, le coin salon rayonnait. J’y étais attiré, mais maman me conduisait déjà à la deuxième chambre.


— Rafraîchis-toi et change-toi.

— J’ai faim.

— Nous allons commander un service en chambre, tu as le temps de prendre une douche.


Elle a fermé la porte. J’ai regardé Jérôme qui cherchait frénétiquement dans sa valise. Il a saisi ses vêtements et s’est précipité vers notre salle de bain. Dans toutes autres circonstances, sa hâte d’entrer dans la salle de bain m’aurait mise en colère, mais j’ai haussé les épaules. La princesse avait repris possession de mon corps. Elle a ouvert mon bagage, a étalé son contenu sur le lit jusqu’à ce qu’elle trouve ce qu’elle voulait porter : ma robe de lin rose !


Quand elle a posé sa main sur la poignée de porte, j’ai réussi à reprendre le contrôle de mes gestes :

— Non ! Maman veut que je me prépare pour le repas.

— Je suis avec Solomon depuis assez longtemps pour savoir qu’il y a plus qu’une salle de bain dans les suites des hôtels. Ta mère ne te laissera pas sortir de cette pièce tant que tu ne seras pas lavée, alors nous allons suggérer d’utiliser sa salle de bain.

— Non !


Image by Zorro4 from Pixabay

Ma victoire a été de courte durée. La princesse a charmé maman qui était ravie que j’aie démontré une telle initiative. Maman m’a alors demandé d’attendre un moment, car elle voulait apporter des serviettes dans sa salle de bain. Penchés au-dessus d’un coffret, professeur Solomon et papa marmonnaient. Je me suis approché et mon cœur a sauté un battement. Le bracelet dont ils discutaient m’interpelait. Les pensées de la princesse tourbillonnaient dans mon cerveau. Elle avait besoin d’examiner les hiéroglyphes gravés sur la bande d’or, mais elle savait déjà ce que c’était.


Je me suis précipitée vers eux, la main tendue, mais le professeur Solomon a soulevé le bracelet au-dessus de sa tête. Même en sautant sur la table basse, je n’ai pu l’atteindre puisque le professeur Solomon l’a lancé à papa. Le vieil homme m’a ramenée vers lui. Maman est revenue dans le salon en demandant pourquoi je criais et maudissais le professeur. Le professeur Solomon m’a doucement guidée vers le canapé et s’est assis à côté de moi.


— J’ai été assez patient, libère la jeune fille !

— Depuis combien de temps le sais-tu ?

— Depuis le début ! Je savais que tu agirais ainsi puisque tu as besoin d’un nouveau récipient pour retourner dans ton pays natal. Tu es en Égypte maintenant, laisse-la tranquille.


La princesse a soupiré; j’ai été prise d’un vertige. Je me suis affaissé sur le coussin alors que la princesse dans une robe blanche éclatante apparaissait entre la table et moi. Maman tremblait ; papa s’est laissé choir dans l’un des fauteuils. La figure fantomatique a hoché la tête en direction du professeur Solomon, puis vers mes parents. Son regard s’est arrêté sur le bracelet. Papa l’a glissé derrière son dos. La princesse a de nouveau soupiré :

— C’est ma porte d’entrée… J’ai parcouru ce monde comme un spectre pendant deux mille ans ; je suis tellement fatiguée. Donnez-le-moi pour que je retrouve la paix.

— Cela appartient à un musée, a répondu papa.


Le professeur Solomon a lentement secoué la tête :

— Je vis avec elle depuis 20 ans, elle veut retourner chez ses ancêtres, je t’en supplie, laisse-la se reposer… et moi aussi, vieil ami.


Mon père a regardé l’artefact, puis maman qui a approuvé d’un hochement de tête. Alors qu’il étirait le bras, la princesse a sauté par-dessus la table pour saisir le bracelet. Sa main tremblante, elle hésitait. Elle m’a jeté un coup d’œil, m’a souri du coin de la bouche, puis a refermé ses doigts sur le métal. À ce moment, une intense lueur dorée a rempli la pièce. J’ai serré les paupières et bouché mes oreilles. Quand le sifflement strident s’est tu, j’ai osé entrouvrir mes yeux. Jérôme, une serviette blanche autour de la taille, dégoulinait sur le tapis. Maman et papa s’étreignaient. Le professeur Solomon examinait la marque brûlée sur le sol. La princesse et le bracelet avaient disparu.


 

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A trip to Cairo


A short story by A.B. Alabee


Pacing and glancing out of the window at the busy tarmac, Jerome didn’t say a word while we were waiting for the plane. My older brother was worried. Me, I was in a bad mood. I had to leave all my school friends before the summer holidays because of this trip. Jerome finally sat next to me and pulled our parent’s letter from his backpack to read it for the thousandth time. He couldn’t understand why they wanted us to go to Cairo, nor could I. We had never joined them on an archaeological site before. A certain Professor Solomon was supposed to travel with us but, as our flight was called, he had not arrived at the gate.


We boarded. I knew that although Jerome was worried, he would sleep the whole trip. I wouldn’t. The detective novel was tucked in the pocket in front of me, but instead of entering the world of Inspector Dalgleish, my mind drifted to Professor Solomon. As I began imagining what professor Solomon would look like, the last passenger finally walked down the narrow aisle and settled beside me. The old man resembling Einstein seemed lost in his thoughts.


At first, he didn’t say anything, then he spoke to an imaginary person:

‘No dear, you can’t sit next to me, the young lady was here before you.’


I leaned closer to Jerome who pushed me back with a grunt. The man looked at his invisible friend supposedly standing in the aisle:

‘There you go, you scared her. Don’t tell me it’s uncomfortable, you’re dead! Complain, complain, that’s all you do!’


He turned back to me; his pale blue eyes locked into mine as he continued:

‘Forgive the princess, young lady, she thinks she’s still alive. I am Professor Solomon. You must be Cassandra.’


I looked toward his dead invisible friend then nodded slowly. Jerome barely glanced at the mad old man and settled on his pillow. To my relief, Professor Solomon quickly forgot about me and his ghost. He tightly closed his eyes. His hands clenched the armrests so hard, his knuckles whitened. He held his breath until the plane had taken off.


As soon as the seatbelt sign was turned off, he rushed down the aisle. I wish he had not because that is when the glowing shape of an Egyptian princess appeared in the seat next to mine. Thinking I was dreaming I rubbed my eyes. The princess was barely older than me and wore gorgeous black braids. The thick kohl lines were increasing the depth of her dark gaze. Her beaming smile failed to reassure me and, as her bony hand gripped my wrist, a cold shiver ran down my spine.


‘Now dear, you will help me to go home.’

‘But, but I can’t!’

‘Oh, yes, you can! I’m not allowed to set foot on my land as a ghost, you will be my living container.’


I yanked my arm but to no avail. When I opened my mouth to scream, she sipped into my body. I became the witness of the events unfolding. She dusted imaginary dirt from my denim jacket and jeans, glanced at my P. D. James’ novel then turned her attention to my brother. I then managed to gain my will back:

‘Leave him alone.’ I shouted in my head.

’Don’t worry, I have what I need. He is cute, though!

‘Yuk!’


She waved ‘my’ hand to discard my disgust. When Professor Solomon came back, his pale face flushed. He looked around nervously then asked me:

‘Where did she go again?’


I wanted to scream that she was hiding inside me, but she answered with a hypnotic voice that wasn’t mine:

‘I don’t know!’

‘Typical! I’m going back to Cairo just for her!’

‘I bet she’s not too far.’


He slumped next to us then commented:

‘Indeed, she can’t wander far from me. I’m sorry I was late boarding; my dear friend wasn’t ready. It’s not like she can change her looks any more.’


He said that with a smirk and the ghost bit my lip to stop me from cursing. With every passing minute, her anger grew. Even though the latest Avengers movie was playing on the small screen in front of me, I can’t remember what it was about because I could only see through the red haze of her rage. Those became the longest and most boring hours of my life.


When we landed, Professor Solomon remained in his seat. Jerome glanced at him, shrugged then started deflating his pillow to store it in his backpack. My legs were twitching. The buzz of the conversations, the clanging of the overhead compartments and zips of the hand luggage ringing around us were calling me to action, still Professor Solomon didn’t move. When the last passenger passed our row, I grabbed the armrest to lunge out of my seat, but Professor Solomon patted my wrist.


‘I don’t like crowds. Pack your bag and wait patiently, young lady.’


Although I obeyed, the princess was cursing in my thoughts. A powerful energy was flowing from my feet to my hair, I felt as if I was coming home. The steward informed us that our carriage had arrived. The princess stopped her incessant complaints and paid attention to the man leading us. My shoulders slumped when the princess saw that our carriage was an airport trolley.

We all sat and the driver whizzed us through customs and into the luggage hall. The driver picked up our bags and we carried on to the arrival where, at the front of the compact crowd of travellers, dad in a pale linen suit and mum in a brightly striped djellaba were waving at us.


Embarrassed by their cheerfulness, I wanted to hide behind the suitcases, but the princess had other plans. She made me stand. I held on to the roof. Professor Solomon was asking me to sit down, Jerome was yanking my jacket. The carriage came to an abrupt halt and I hit the back of the driver’s seat. As I ran to my parents, the driver was ordering me to return. I could hear Professor Solomon apologising for my behaviour. I wanted to speak for myself, but the princess had suppressed my will.


She made me leap in Dad’s arms, and he nearly tumbled back. He was still laughing at my unusually loving welcome when the princess expressed her desire to see the tomb. My father caressed my cheek and, still laughing, informed me that we would all go tomorrow. The princess grunted, I stiffened and stamped. The princess didn’t know that a tantrum would not change my parent’s mind.


We cramped into a taxi and, in the evening traffic, crawled to the hotel. The red filter of her anger was altering my perception again. However, as we were approaching the Ramses Hilton, every surface started glowing. In the lobby, I could see a clear path of light ahead of us, in the elevator, down the corridor, into the suite. In front of the bay window, the sitting area beamed. I was drawn to it, but Mum was already leading me to the second bedroom.


‘Refresh and change.’

‘I’m hungry.’

‘We’ll order room service, you have time to shower.’


She closed the door. I looked at Jerome who was frenetically searching in his suitcase. He pulled his wash bag and dashed for our bathroom. In any other circumstance, his rush to enter the bathroom would have angered me, but I shrugged, and the princess took over again. She opened my bag, spread its content on the bed until she found a garment that suited her: my pink linen dress. When she put her hand on the doorknob, I managed to regain control.


‘No! Mum wants me to get ready for the meal.’

‘I’ve been with Solomon long enough to know there are many bathrooms in a hotel suite. Your mother won’t let you out of this room until you’re clean, then we’ll suggest we could use her bathroom.’

‘No!’

Image by Zorro4 from Pixabay

My victory was short-lived. The princess charmed Mum who was delighted that I’d shown such initiative. Mum asked me to wait a moment so she could sort out the towels in her bathroom. Professor Solomon and Dad were bending over a casket and muttering. I moved closer and my heart skipped a beat. The bangle they were discussing was calling me. The princess thoughts were tumbling in my brain. She needed to examine the hieroglyphs engraved on the gold band, but she already knew what it was.


I bashed through, hand outstretched, but Professor Solomon lifted the bangle over his head. Even when I jumped on the coffee table, I couldn’t reach it as Professor Solomon threw it to Dad. The old man pulled me down. Rushing back, Mum asked why I was screaming and cursing. Professor Solomon gently led me to the sofa and sat next to me.


‘I’ve been patient enough, let the girl go!’

‘How long have you known?’

‘All along! I guessed you would do something like that since you needed a new container to return to your homeland. You’re in Egypt now, leave her alone.’

#gypt#gyp#gy#Eg#She sighed and a dizziness came over me. I slumped on the cushion as the princess in a glowing white dress appeared between me and the table. Mum gasped; Dad fell in one of the armchairs. The ghostly figure nodded at Professor Solomon, then at my parents in turn. Her gaze locked onto the bangle. Dad slipped it behind his back. The princess sighed again#:

‘This is my gateway… I have roamed this world as a spectre for two thousand years; I am so tired. Give it to me so I would rest in peace.’

‘This belongs to a museum,’ Dad replied.


Professor Solomon shook his head slowly:

‘I’ve been living with her for the past 20 years, she wants to return to her ancestors, I’m begging you, let her rest … and me too, old friend.’


My father looked at the artefact, then at my mother who nodded her approval. As he stretched his arm, the princess jumped over the table and reached for the bangle. Her trembling hand hovered above the band. She glanced at me, smirked and closed her fingers on the metal. As she did so, and intense golden glow filled the room. I shut my eyes and blocked my ears. When the high pitch whistle died out, I peeked between my eyelids. Wrapped in a white towel, Jerome was dripping on the carpet. Mum and dad were hugging. Professor Solomon was examining the scorched mark on the floor. The princess and the bangle had vanished.

 

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