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Christmas Tale 1 / Conte de Noël 1

Updated: 10 minutes ago

Français / English

Image by Karen Nadine from Pixabay

Version intégrale du conte!


Le Premier Noël

par A.B. Alabee


Chapitre 1: Pas encore!


Maman a murmuré :

« Pas encore ! »


Les morceaux de l’horloge éparpillés sur le plancher présentaient une preuve indéniable que je ne pouvais nier. Alors que maman ramassait la poterie brisée, les aiguilles et les rouages, Pinchapum riait et balançait ses jambes contre le bord du canapé moelleux. Maman ne le voyait pas, pourtant il secouait la pointe de son chapeau vert, plissait son nez en bouton et gonflait ses joues rouges. J’avais cessé de l’utiliser comme excuse pour mes mésaventures depuis longtemps, mais c’était le premier Noël de ma petite sœur Luna, je ne voulais pas être envoyée dans ma chambre le premier décembre. À part le grand jour, celui-ci m’apporte toujours une énorme joie, car nous décorons le sapin !


D’accord, j’avais dansé en virevoltant dans le salon pendant que maman récupérait la boîte de décorations du loft. Pinchapum chantait puis jouait de sa flûte tour à tour. Ses petites bottes vertes tapaient pour rythmer la mesure. Je riais, Luna gargouillait dans son panier. Alors que j’effectuais une pirouette, j’ai étiré mes bras. Un quart de tour plus tard, mes doigts ont touché le bout de la queue de la baleine, puis tout a ralenti.


Pinchapum a crié de faire attention.

Le mammifère marin noir et blanc s’est effondré le long du grillage en fer et a éclaboussé les carreaux de céramique rouge devant la cheminée.

Au même moment, mes pieds ont quitté le sol et, dans une arabesque parfaite, j’ai sauté sur le canapé pour atterrir à côté de Pinchapum.


Luna roucoulait toujours. Quant à moi, je suis devenue une statue de culpabilité. Les pas de maman approchaient. Chantant Rudolph le renne au nez rouge, elle est entrée dans le salon et a doucement posé la boîte sur le pouf. Tout d’abord, elle a remarqué à quel point j’étais sage, puis elle a scanné la pièce. Luna a attiré son attention avec un gros rot de bébé. Toujours souriante, elle a repris son analyse de la situation. Lorsqu’elle a atteint la cheminée, son visage et ses épaules sont tombés. En passant près de moi pour aller chercher le balai et la pelle à poussière, elle m’a jeté un regard en coin. Je m’attendais à y voir de la colère, mais au lieu de cela, j’ai remarqué une grande tristesse qui m’a pincé le cœur.


Alors que la culpabilité pesait sur mes épaules, Pinchapum jouait au « coucou » avec Luna. Quand maman est revenue, le rire enjoué de ma petite sœur résonnait dans la pièce. Maman l’a embrassée sur la tête et m’a fait un clin d’œil. Toujours immobile, je l’ai observée tandis qu’elle finissait de ramasser les débris. Après avoir terminé son travail, elle s’est agenouillée devant moi et a placé ses mains sur les miennes.


« C’est OK Aline, » m’a-t-elle rassuré.


Mais ce n’était pas le cas. Cette horloge incarnait le dernier souvenir qu’elle et papa ont créé avant que la maladie ne nous l’enlève. Je voulais lui dire que Pinchapum m’avait convaincu de danser. Cependant, après l’incident du cadre cassé, j’avais promis de ne plus jamais virevolter si près de la cheminée. J’ai donc reconnu mes torts.


« Je suis désolée. Je vais tout recoller. »


Elle m’a souri tristement en caressant ma joue. Alors qu’elle se relevait, ses genoux ont craqué. Nous avions l’habitude de plaisanter à ce sujet, mais ce jour-là, elle ne l’a pas fait. Elle a ramassé le reste de son souvenir. Sa marche lente m’a rappelé les funérailles. J’ai entendu le grincement du couvercle de la poubelle. Je m’attendais à ce que le tintement de la porcelaine cassée suive, mais ce ne fut pas le cas. Au lieu de cela, l’armoire s’est ouverte et maman a déplacé son contenu. Elle est revenue avec un récipient en plastique dans lequel son souvenir brisé était rangé en toute sécurité.


Après l’avoir mis sur la plus haute tablette de la bibliothèque, elle a tourné son attention vers la boîte de décorations. Puis, se frottant les mains, elle a annoncé que le temps était venu d’apporter la joie de Noël dans notre maison.


Chapitre 2: La quête d'Aline


Il ne restait que dix jours avant la grande nuit. Maman n’avait pas encore commencé à remplir la maison avec ses beaux chants de Noël et je boudais toujours Pinchapum. Il ne semblait pas trop s’en soucier, car il divertissait Luna et riait aussi fort qu’elle. Au centième coucou, Luna a décidé qu’il était temps pour sa sieste et s’est lovée dans son panier douillet. Pinchapum a alors tourné son attention vers moi. Cependant, tandis qu’il sautait pour me rejoindre sur l’épais tapis rouge, j’ai éteint la télévision et attrapé mon livre de contes de fées qui se trouvait sur le pouf. Assise sous l’arbre de Noël scintillant, j’ai ouvert la couverture, mais ma lecture a été brusquement interrompue par la joue de Pinchapum qui a atterri sur la première page.


Alors qu’il tordait sa bouche et papillonnait de ses longs cils, j’ai été tenté de fermer le livre sur son visage, mais sa grimace était trop hilarante. Au lieu de me fâcher, j’ai éclaté de rire. Surprise, Luna a crié en étirant ses bras et ses jambes, puis elle s’est aussitôt recroquevillée pour reprendre sa sieste.


— Fixons l’horloge ! a suggéré Pinchapum.


Je ne pouvais nier que c’était une idée brillante. J’ai levé la tête pour regarder la boîte qui m’appelait de la plus haute étagère. Tant que les casseroles s’entrechoquaient dans la cuisine, maman était trop proche pour que je tente quoi que ce soit. En effet, le silence soudain l’a ramenée au salon. Après avoir séché ses mains avec le chiffon, elle l’a posé sur son épaule puis a pris Luna dans ses bras.


— Aline, ma chérie, si tu veux regarder la télévision, continue. Je vais mettre Luna dans son lit et travailler à l’étage pendant sa sieste.


Maintenant que j’étais finalement seule, j’ai levé mes yeux vers le plafond qui était devenu ma prochaine cible. Alors que Pinchapum sautait d’une tablette à l’autre, je devais trouver une meilleure solution. J’avais essayé d’escalader la bibliothèque l’année précédente et je m’étais retrouvée ensevelie sous une montagne de livres.

J’ai chuchoté à Pinchapum :

« Reviens ! »


Il m’a tiré la langue !

— Nah-nah ! Tu ne pourras atteindre ni la boîte ni moi ! 


Loin de me décourager, j’ai décidé de prendre l’escabeau qui se trouvait dans la cuisine où maman l’utilisait pour trier les grandes armoires. Du haut de la bibliothèque, Pinchapum m’observait alors que je fermais lentement l’escabeau et, déployant toutes mes forces, je le soulevais. Il a failli tomber à quelques reprises, mais j’ai réussi à rétablir son équilibre évitant ainsi de heurter le comptoir et la télévision.


Tandis que je peinais à ouvrir l’escabeau, Pinchapum riait, mais je l’ai finalement installé près de la bibliothèque en lui lançant un regard victorieux. Il a aspiré un hoquet de surprise ce qui m’a permis d’entendre si Luna commençait à se réveiller… Seul le doux ronflement de maman brisait le silence et j’ai soupiré. Mon pied sur la première marche, j’ai secoué l’escabeau pour vérifier qu’il ne basculerait pas. Dès que mes doigts ont saisi les côtés au-dessus de ma tête, j’ai amorcé mon voyage vers le plafond.


Le bois craquait, mais l’escabeau restait stable. Debout sur le faîte, j’ai poussé Pinchapum de côté pour récupérer la précieuse boîte. Un retour périlleux m’attendait. Le colis niché sous mon bras droit, j’ai agrippé les marches avec ma main gauche et j’ai entamé la descente. Quand j’ai atteint le sol, Pinchapum a chevauché l’un des côtés et, hurlant de joie, il a glissé jusqu’à mes pieds.


Luna a choisi ce moment pour crier. Les pas de maman ont tambouriné sur le plancher au-dessus de ma tête. J’ai rapidement caché la boîte sous l’arbre et tiré sur l’escabeau qui a refusé de se fermer. Je l’ai alors traîné vers la cuisine. Au moins, la clameur de Luna noyait mon charivari.


Comme maman était encore en train d’apaiser Luna, j’ai saisi ma chance d’apporter la boîte dans ma chambre. J’ai couru dans les escaliers et, en passant au bord de la porte, j’ai regardé dans la pouponnière sombre de Luna. Dans la faible lumière du papillon accroché au mur, maman la faisait rebondir sur son épaule et chuchotait des mots que seule ma petite sœur pouvait entendre. Dès que maman m’a remarqué, elle a fait un clin d’œil. Avant que mon courage ne s’amenuise, je me suis précipité le long du couloir pour cacher la boîte parmi mes peluches soigneusement rassemblées dans le coin le plus éloigné de ma chambre violette.


Chapitre 3: La veille de Noël


Je ne me souviens pas combien de fois j’avais essayé de restaurer la baleine avec du ruban adhésif, des bouts de ficelles et de la colle blanche, mais aucune tentative n’avait réussi. Pourtant, et malgré le fait que Pinchapum répétait continuellement que je ne serais jamais en mesure de la réparer, j’ai persisté. Au moins, maman n’est pas entrée dans ma chambre quand la porte était fermée parce que je lui avais dit que je bricolais des cadeaux.


La veille de Noël était arrivée. L’Elfe avait certainement mis le dernier sou en chocolat dans notre calendrier de l’avent. Alors que mes petits doigts cherchaient dans la pochette numéro 24, j’espérais ne rien y trouver. Le long soupir que j’ai laissé s’échapper quand j’ai touché à la pièce d’or lisse a apporté un sourire aux lèvres de maman.


— Aline, qu’est-ce qui ne va pas ?


Dans ses bras, Luna étirait ses mains pour obtenir sa friandise… un bon morceau de banane que Maman tenait dans un bol. Je voulais lui avouer que j’avais besoin de plus de temps pour réparer l’horloge, mais au lieu de cela, j’ai haussé les épaules et répondu:


— Il reste encore un jour avant Noël !


Elle m’a embrassé sur la tête.


— Habille-toi, nous allons faire une balade à vélo !


Bien qu’elle ait suggéré mon activité préférée, j’ai poliment refusé. Relevant son sourcil gauche, elle a regardé Luna qui grignotait son doux délice avec enthousiasme.


— Je dois terminer une dernière chose, peut-être plus tard ? lui ai-je alors expliqué.

D’un hochement de tête, elle a accepté ma raison et je me suis précipitée dans les escaliers.



Assise parmi mes nounours, des larmes coulaient sur mes joues alors que l’horloge s’effondrait pour la millionième fois. Pinchapum avait sorti sa flûte de son sac. Tandis que je lui lançais un regard en coin, il l’a, d’un air penaud, glissée là d’où elle venait. À l’autre bout du couloir, maman zozotait avec Luna. Elle approcherait bientôt pour me dire qu’il était temps d’ouvrir notre cadeau de la veille de Noël. La base de l’horloge tenait enfin avec des cordes et de la colle. La nageoire dorsale et le corps étaient cachés sous d’épaisses couches de ruban adhésif brillant.


Maman m’a interpellée.


J’ai souhaité de tout mon cœur que cette ultime tentative fonctionne. Mes mains n’ont pas tremblé alors que j’accolais les deux dernières pièces ensemble.


Maman a frappé à ma porte.


Soutenant délicatement l’horloge réparée, je l’ai placée dans la boîte. Un par un, j’ai enlevé mes doigts et elle est demeurée intacte. J’ai alors souri d’une oreille à l’autre. Tout ce qui me restait à faire maintenant était de fermer le tout soigneusement et de l’envelopper.


Maman me rappelait qu’il était temps pour les cadeaux !


— J’arrive, maman !


Elle s’est aussitôt éloignée.


Pinchapum a étiré son cou pour examiner le contenu de la boîte, puis a applaudi avant de sauter de mon lit. En culbutant, il a fait basculer ma montagne de nounours qui s’est écrasée sur… l’horloge. J’ai arrêté de respirer, mon corps tremblait. Alors que Pinchapum n’avait pas encore constaté l’ampleur de la catastrophe qu’il venait de créer, j’étais trop choquée pour parler. Il a finalement remarqué mon silence, puis s’est couvert la bouche avec sa main.


— Oh ! Aline ! Tu avais réussi à la réparer, pourquoi l’as-tu cassée ?


Ce fut la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. J’ai inspiré profondément avant de crier:


— Sors ! Je ne veux plus jamais te revoir !


Pinchapum n’a pas bougé.


Maman a frappé à ma porte :


— Aline, est-ce que tout va bien ?


Mon regard fixé sur Pinchapum, j’ai répondu à maman de ma voix la plus sérieuse.


— Tout est en ordre, Pinchapum ne nous dérangera plus jamais !


Alors qu’elle rigolait en s’éloignant, Pinchapum ne bougeait toujours pas. Il a finalement ouvert la bouche, puis l’a refermée. Je n’avais pas besoin de parler. Ma mâchoire était serrée et je fronçais les sourcils pour exprimer ma colère, mais il a aussi vu mon chagrin dans les larmes qui brouillaient ma vision. Il a baissé la tête avant de s’incliner. C’est alors que, dans une bouffée de fumée violette, il disparut. J’étais finalement débarrassée de ce chaos ambulant pour toujours !


J’ai regardé l’horloge à travers le voile de ma tristesse. Dans le méli-mélo de ruban et de ficelles, elle se trouvait en deux morceaux. C’était le seul présent que j’avais bricolé pour maman puisque j’avais passé tout mon temps à essayer de réparer l’horloge. Laissant s’échapper un grand soupir, j’ai essuyé mes larmes avec la manche de mon pyjama, puis j’ai fermé le couvercle. Résignée, j’ai déplié un carré de coton rouge vif puis j’ai attaché les coins opposés pour envelopper la boîte solidement. Il ne me restait plus qu’à rassembler mon courage afin d’apporter mon cadeau jusqu’au salon.



Soutenue contre des coussins moelleux, Luna était installée sous l’arbre et jouait avec les boules de Noël et les lumières clignotantes. Le visage de Maman s’est égayé lorsqu’elle a vu le présent dans mes mains. Cependant, je n’avais pas envie de sourire. Tandis que Maman tapotait le tapis à côté d’elle, je les ai rejointes d’un pas lent. Je venais de m’asseoir quand Maman a demandé si c’était pour Luna. J’ai resserré le cadeau contre mon cœur en secouant la tête.


— C’est pour moi ? a-t-elle répliqué d’un ton surpris.


Je me suis soudainement senti si mal, j’ai voulu retourner dans le temps pour remettre l’horloge sur la tablette. Au lieu de cela, j’ai hoché la tête. Elle a étiré ses bras et j’ai hésité à lui passer le colis rouge. Je n’avais pas réalisé à quel point j’avais serré les nœuds. Le contenu cliquetait alors que maman déliait le tissu. Quand elle a vu la boîte en plastique, elle a regardé le haut de la bibliothèque avant d’ouvrir le couvercle.


Son sourire s’est élargi.


— Tu as dû travailler si dur pour la réparer, merci, mon ange.

— Mais tout est cassé ! ai-je alors sangloté.


Elle a posé l’horloge à côté d’elle avant de envelopper dans une étreinte apaisante. Ma tête au creux de son épaule, j’ai caché mon visage dans son pull de laine doux alors qu’elle me réconfortait.


— Non ! C’est parfait ! Ton père aurait aimé ton idée puis il aurait essayé de la restaurer avec toi. Quel merveilleux souvenir tu m’as redonné, mon ange ! Chantons !


Après des semaines de silence, sa première chanson des fêtes a été « Mon beau sapin ». Ma gorge était nouée, mais je me suis jointe au refrain pendant que Luna mâchait le flocon de neige en bois qu’elle avait réussi à arracher de l’une des branches.


Chapitre 4: La nuit de Noël


Pinchapum venait de récupérer son chapeau pour la cinquième fois. Le vent hurlait, la neige avait trouvé l’espace entre son col et sa nuque. Il soufflait sur ses mains nues en regardant la fenêtre arrière où une ombre venait de traverser les rideaux tirés. Il ne pouvait pas entendre la douce berceuse, mais il savait que maman chanterait jusqu’à ce que nous échangions nos souhaits nocturnes :

« Je t’aime ; je t’adore ; je te donne des millions de bisous. »


Par la suite, la pièce est devenue sombre. Il a suivi le trajet de maman alors qu’elle éteignait les lumières une après l’autre jusqu’à ce qu’elle atteigne la cuisine où elle allait terminer les friandises matinales pour le Grand Jour. Pinchapum avait passé les dernières heures à se plaindre du traitement injuste qu’il avait reçu, mais, comme la tempête s’amplifiait autour de lui, il a commencé à regretter la chaleur de la maison, les coussins confortables et la couette épaisse de mon lit. Puisqu’il a vécu dans notre demeure pendant des siècles, il n’a jamais possédé de manteau, car il ne s’attendait certainement pas à ce qu’un enfant le mette à la porte ! Je ne l’avais pas rappelé, donc il devait trouver un nouvel endroit pour y habiter.


Résigné à son sort, il s’est alors retiré sous les branches du pin pour se protéger du vent et incanter une flamme sur le bout d’une brindille. Pendant qu’il regardait les ombres s’allonger autour de sa tanière, il ne pouvait effacer l’image de mes larmes. C’est à cet instant qu’une idée a germé dans sa tête :

« Cette nuit, de toutes les nuits, est la plus magique ! Je connais la personne qui m’aidera à retourner dans la maison ! »


Posant son baluchon sur son épaule, il s’est aventuré dans la tempête.



Quand il a atteint le haut du mât téléphonique, il a léché son doigt, l’a dressé dans le vent et, avec un œil fermé, il a commencé l’incantation.

« Que débute mon voyage, emmenez-moi au Père Noël et à son équipage. »


Alors qu’une bourrasque l’entourait, son corps a explosé en une pluie de paillettes dorées. La traînée de poussière d’étoiles a pris son envol, a zigzagué à travers les nuages pour émerger sous le dôme scintillant de la nuit. Elle a soudainement bifurqué pour se diriger vers la lune contre laquelle un traîneau créait une ombre. Dans un pouf sonore, elle s’est écrasée dans l’immense sac de cadeaux et a disparu.


Démêlant ses membres des boucles et en utilisant les rubans pour grimper, Pinchapum a réussi à sortir du tas de colis pour atteint l’ouverture étroitement ficelée. Il a poussé son bras dans le trou et, avant qu’il ne puisse crier à l’aide, deux paires de mains l’en ont tiré. Il s’est alors retrouvé face à douze de ses pairs les plus prestigieux, les elfes de Noël. Sans attendre, il a dépoussiéré sa veste puis s’est incliné. Aucun d’entre eux ne lui a retourné un sourire. Pinchapum a toussoté puis a pris la parole :

« Bonsoir, mes chers camarades elfes. »


Leur silence sévère ne l’a pas intimidé :

« Au cours des deux cents dernières années, je ne vous ai pas dérangé… » a-t-il hardiment commencé.


Le plus costaud des elfes de Noël a aussitôt croisé les bras, mais n’a pas répliqué. Pinchapum s’est tourné vers lui pour continuer :

« Goulanum, quand vous m’avez expulsé de l’académie, le Grand Boss a dit que j’aurais droit à un souhait. J’aimerais qu’il se réalise maintenant… »


Goulanum s’est frotté le nez d’un geste agacé :

« Ne vois-tu pas que nous sommes occupés ? Reviens demain ! Mieux encore, l’année prochaine ! »


Pinchapum s’est alors souvenu comment j’avais persévéré pour fixer l’horloge. Inspiré par ma détermination, il a repris :

« Non ! Je veux retourner chez Aline !

« Si elle t’a renié, nous ne pouvons pas changer cela ! »


En réponse, Pinchapum a courbé les épaules avant de plaider sa cause une dernière fois :

« Donnez-lui au moins une horloge en forme de baleine. »

« Nous avons déjà dépassé le Royaume-Uni, nous lui avons laissé un présent il y a une heure. »

« Vous pouvez sûrement le changer… »

« Cela va ruiner tout l’horaire. Cesse tes jérémiades et va-t’en avant que nous atteignions Terre-Neuve. Tu ne veux pas que le Grand Boss découvre qu’il a un passager clandestin ! Oust ! »


Goulanum a agité ses mains pour produire une onde puissante. Pinchapum est aussitôt tombé du sac de cadeaux pour chuter vers la Terre. Tourbillonnant et culbutant à l’intérieur des nuages glacés, il souhaitait être de retour dans notre maison. Il se croyait sauvé en sortant des nuages, mais un vent transversal l’a happé. Il a ainsi voyagé dans les hauts courants jusqu’à ce qu’il s’arrête net au centre paisible de la tempête. Son cœur palpitait et il était pris de vertige, il lui a donc fallu quelques minutes pour se rendre compte qu’il était non seulement en sécurité, mais encore qu’il planait au-dessus de notre rue. Retrouvant ses esprits, il s’est souvenu que je l’avais seulement expulsé de ma chambre, et non de notre demeure. Soit, il ne serait plus autorisé à apparaître devant moi, mais rien ne l’empêchait d’entrer pour réparer la baleine.


Donnant un coup d’épaule dans le portail du chat, il s’est glissé dans la maison et, sur la pointe des pieds, s’est rendu jusqu’à l’horloge cassée qui se trouvait toujours sous l’arbre. Il a imaginé comment les morceaux s’emboîtaient avant de se frotter les mains pour rassembler toute sa magie. Quand il a touché la nageoire dorsale, elle s’est mise à trembler. Les vibrations se déplaçaient d’un fragment à l’autre. Ils se sont soulevés pour reconstituer la baleine, mais, au moment où ils se fusionnaient, Pinchapum a perdu brièvement sa cohésion. L’horloge s’est alors effondrée et lui aussi.


Son corps frissonnait tandis que toutes ses forces l’abandonnaient. Avant de sombrer, il a réussi à saisir les branches inférieures du sapin. Il s’est ainsi traîné jusqu’au pied de l’arbre où il s’est recroquevillé et a fermé les yeux. Alors que les larmes débordaient sur ses joues glacées, il a murmuré :

« Je suis désolé, Aline. J’aimerais tant t’offrir ton plus grand désir. »


***

Comme maman l’avait annoncé, j’ai ouvert mes rideaux sur un blanc pays de merveilles glacées. Je pouvais l’entendre bavarder avec Luna ; elles s’approchaient. J’ai bondi de ma fenêtre vers la porte et je me suis précipitée dans le couloir avant qu’elles n’atteignent ma chambre. J’ai à peine effleuré les marches vers le rez-de-chaussée. Ignorant l’arbre scintillant, j’ai sprinté vers la cuisine. La clé se trouvait dans la serrure, la dernière barrière entre moi et le bonhomme de neige que je voulais construire. Alors que je tournais la poignée, maman a touché mon bras :

« Ma chérie, tu ne peux pas sortir dans ta chemise de nuit… et des pantoufles ! »


J’ai aussitôt porté mes yeux vers ma robe en jersey vert en riant. Mon cerveau s’est brusquement souvenu que nous n’avions pas encore ouvert les cadeaux du Père Noël : notre tradition du matin de Noël ! Luna trônait de nouveau sur ses coussins. En inspectant les biscuits, la carotte et le lait que j’avais laissé sur la cheminée… j’ai découvert que l’assiette et le verre étaient vides ! Le Père Noël était venu ! J’ai plongé sous l’arbre pour récupérer deux boîtes emballées dans du papier brillant aux rayures rouges et blanches. Le mien était embelli d’une boucle géante, celui de Luna n’avait qu’un ruban. J’ai entrevu le bout d’un petit chapeau vert, mais je n’avais pas l’intention d’appeler celui-que-je-ne-voulais-nommer.


Alors que Luna continuait à taper son cadeau sur le sol, je me suis assise contre le canapé pour examiner le mien sous tous ses angles. Je l’ai légèrement secoué, quelque chose cliquetait à l’intérieur. Je me demandais si le Père Noël m’avait apporté l’ensemble Lego que j’avais ajouté sur ma liste de souhaits. J’attendais que Luna, aidée par maman, finisse de déballer son présent, une boîte de blocs en peluche, avant de découvrir à mon tour ce que le Père Noël m’avait laissé.


J’ai soigneusement délié la boucle et enlevé les rubans avant de retirer l’emballage. Bouche bée, j’ai fixé l’image d’une assiette et d’un vase décorés de lignes d’or comme si quelqu’un avait recollé les morceaux. Mes yeux se sont aussitôt remplis de larmes. Je ne comprenais pas pourquoi le Père Noël m’offrait un cadeau aussi cruel. Maman a perçu ma détresse et, abandonnant Luna qui mâchait son nouveau jouet, m’a câliné :

« Allons, ma chérie, c’est toujours surprenant quand le Père Noël t’apporte ce dont tu rêvais. »

« Mais… »


En voyant l’image sur le couvercle, elle a étouffé un hoquet de stupeur :

« Oh ! Ton père et moi n’avions pas acheté… »

À ce moment-là et depuis ce jour, j’ai réalisé que le Père Noël existe vraiment. Maman et papa n’avaient pas acheté ce cadeau, donc, la seule conclusion restait que le Père Noël me l’avait apporté. Quand maman a soulevé la boîte, j’ai aperçu les photos qui se trouvaient au verso : un tube de pâte dorée et de nombreux morceaux d’une assiette cassée. Mes méninges se sont activées pendant quelques secondes avant que je bondisse sur mes pieds en applaudissant :

« Maman ! Le Père Noël veut que je répare l’horloge ! »

« Je… crois bien ! C’est un ensemble de Kintsugi ! »


Bien qu’elle exhibât toujours un air confus, j’avais tout compris et le chapeau pointu de Pinchapum qui a alors surgi parmi les branches me l’a confirmé. Il n’attendait qu’un signe pour sauter dans mes bras et grimper pour s’asseoir sur mon épaule. Sa joue contre mon oreille, il m’a raconté toute son aventure de la nuit de Noël.


Un sourire s’est épanoui sur mes lèvres :

« Maman ! Fixons l’horloge ensemble ! »


Sous l’œil vigilant de Luna et les commentaires incessants de Pinchapum, maman et moi avons appris l’art de Kintsugi pour restaurer la baleine et créer un nouveau souvenir.

 

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Loudna and the Strings of Time: War of Taar sortira en anglais bientôt!

Bonne semaine!

 

The whole tale!


The First Noël

par A.B. Alabee

Chapter 1: Not Again!


‘Not again!’ Mum whispered.


The shattered clock resting on the floor was undeniable evidence so there was no point to lie about it. As Mum collected the jagged pottery, the hands and the cogs, Pinchapum was giggling and swinging his legs against the edge of the plush sofa. Although he was shaking his green pointed hat, wrinkling his button nose, and puffing out his red cheeks, Mum couldn't see him. I had stopped using him as an excuse for my mishaps long ago, but this was my baby sister’s first Christmas, I didn’t want to be sent to my bedroom on the first of December. Apart for the big day, this one brings the most joy because we trim the tree!


Fair enough, I had been dancing and twirling in the living room while Mum was retrieving the box of decorations from the loft. Pinchapum was singing then playing his flute in turn. His little green boots were tapping in time. I was laughing, Baby Sister Luna was gurgling in her basket. As I pirouetted, I stretched my arms. A quarter of a spin later, my fingers caught the tip of the whale’s tail, then everything slowed down.


Pinchapum shouted to watch out.

Then the black and white sea mammal tumbled along the iron work and splattered on the red ceramic tiles in front of the fireplace.

As this was happening, my feet left the ground and, in a perfect arabesque, I leapt onto the sofa to land next to Pinchapum.


Luna was still cooing, but I remained a statue of guilt. Mum steps were approaching. Singing Rudolph the Red-Nosed Reindeer, she entered the living room and gently lowered the box to the footstool. First, she noticed how quietly I was sitting, then her gaze scanned the room. Luna attracted her attention with a big baby burb. Still smiling, she resumed her analysis of the situation. When she reached the fireplace, both her face and shoulders dropped. She glanced at me as she walked by to get the broom and dustpan. I was expecting to see anger, but instead, I perceived a great sadness that made my heart sink.


While the guilt was weighing on my soul, Pinchapum was playing peek-a-book with Luna. When Mum returned, the baby’s laughter was lifting the mood. Mum kissed her on the head and winked at me. Still sitting motionless, I stared as she finished sorting out the mess. After she completed her work, she kneeled in front of me and placed her hands on mine.


‘That’s OK Aline.’ She reassured me.


It wasn’t. This clock embodied the last memory she and dad made before the disease took him away. I wanted to tell him that Pinchapum convinced me to dance. However, I had promised never to twirl so close to the fireplace after the previous incident which involved a broken frame. Therefore, I acknowledged my remorse.


‘I’m sorry. I will glue it back.’


She smiled sadly and caressed my cheek. As she stood, her knees creaked. We usually joked about it, but on that day, she didn’t. She collected the remnant of her memory. Her slow walk reminded me of the funeral. I heard the squint of the bin lid. I was expecting the clinging of the glass to follow yet it didn’t. Instead, the cupboard opened and she rummaged through. She returned with a plastic tub where she had safely stored her broken memory.


After putting it on the top bookshelf, she turned her attention to the box of decorations. Then rubbing her hands, she announced that time had come to bring Christmas joy into our home.


Chapter 2: Aline's quest


Only ten days remained before the big night. Mum had yet to fill the house with her lovely Christmas singing and I was still giving the cold shoulder to Pinchapum. He didn’t seem too bothered as he was entertaining Luna and laughing as loudly as her. At the hundredth peek-a-boo, Luna decided it was time for her nap and slumped in her cosy basket. Pinchapum turned his attention to me. However, as he leapt to join me on the thick red rug, I switched the TV off and grabbed my fairy tale book from the footstool. Sitting under the sparkly Christmas Tree, I opened the cover, but my reading was abruptly interrupted by Pinchapum’s cheek hitting the first page.


His mouth twisted; he was fluttering his long lashes. I was tempted to close the book on his face, but his grimace was too hilarious, so I burst out instead. Startled, Luna cried out as her arms and legs stretched out, then she curled back in her sleeping position and resumed her nap.


‘Let’s fix the clock!’ Pinchapum suggested.


I had to agree, it was a brilliant idea. I lifted my head to stare at the box calling me from the highest bookshelf. While the pans were clinging in the kitchen, Mum was too close for me to attempt anything. Indeed, the sudden silence brought her back to the living room. After drying her hands with the tea towel, she flipped it over her shoulder and picked up Luna.


‘Aline, sweety, if you want to continue watching TV, go ahead. I will take Luna to her cot and work upstairs during her nap.’


Once I was left alone, my gaze returned to the ceiling as it became my next target. Whereas Pinchapum was jumping from one shelf to the other, I needed to find a better solution. I had attempted to climb them the previous year and I ended up buried under a mountain of books. I whispered at Pinchapum:

‘Come back!’


He pulled his tongue at me!

‘Nah-Nah ! You won’t be able to reach me or the box!’


Undeterred, I set to get the stepladder from the kitchen where Mum had been using it to sort out the tall cupboards. From the top bookshelf, Pinchapum was observing me as I slowly closed the stepladder and, deploying all my might, I lifted it. It tilted a few times, but I managed to restore its balance and avoid colliding with the counter and the TV.

Whereas I was struggling with the stepladder, Pinchapum was still laughing, but I finally opened it near the bookshelves and looked at him victoriously. He swallowed a hiccup which allowed me to listen for any signs Luna was waking… When I heard the soft snoring of my mum, I sighed. My foot on the first tread, I shook the ladder to check that it wouldn’t topple over. Once my fingers gripped the sides above my head, I began my journey to the ceiling.


The wood creaked, but the stepladder didn’t sway. Standing at the top, I shoved Pinchapum aside to collect the precious box. A perilous descent awaited me. The box tucked under my right arm, I clutched the steps with my left hand and carefully crept down. When I reached the ground, Pinchapum straddled the side and, howling with joy, he slid all the way to my feet.


Luna chose that moment to scream. Mum stamped on the floor above my head. I quickly shoved the box under the tree and pulled on the stepladder. It refused to close so I dragged it to the kitchen. At least Luna’s uproar was drowning my racket.


Since Mum was still hushing Luna, I seized my chance to bring the box to my room. I ran up the stairs and reaching the door, I peeped in Luna’s darkened nursery. In the dim light of the glowing butterfly hanging on the wall, Mum was bouncing her on her shoulder and whispering words only my little sister could hear. As soon as Mum noticed me, she winked. Before my courage dwindled, I dashed along the corridor to hide the box amongst my teddies neatly gathered in the far corner of my violet bedroom.


Chapter 3: Christmas Eve


I can’t recall how many times I had tried to put the whale back together with sticky tape, bits of strings and white glue, but nothing had worked. Yet, and despite Pinchapum repeating continuously that I wouldn’t be able to fix it, I persisted. At least Mum didn’t enter my room when the door was closed because I told her I was crafting her present.

Christmas Eve had arrived. The Elf had left the last chocolate in our advent calendar. As my little fingers searched in pouch number 24, I was hoping to find nothing. The long sigh I blew out when I touched the expected smooth golden coin brought a smile to Mum’s lips.


‘Aline, what’s the matter?’


In her arms, Luna was stretching her hands to grab her treat too … the sweet piece of banana Mum was holding for her. I wanted to confess that I needed more time to mend the clock, but instead, I shrug and replied:


‘There’s still one day left before Christmas!’


She kissed my head.


‘Get dressed, we’re going for a bike ride!’


Although she suggested my favourite activity ever, I politely declined. She lifted her left eyebrow, looked at Luna who was munching her soft delight with gusto.


‘I must finish one little thing, maybe later?’ I explained.


She acknowledged my reason with a nod and I rushed up the stairs.



Sitting amongst my teddies, tears were running down my cheeks as the clock collapsed for the millionth time. Pinchapum had pulled his flute from his satchel. As I glared at him, he sheepishly tucked it back where it came from. At the other end of the corridor, Mum was cooing with Luna. Soon, she would tell me to join them to open our Christmas Eve presents. The base of the clock was finally holding with strings and glue, and the dorsal fin and body were hidden under thick layers of shiny tape.


Mum called my name.


I wished with all my heart for it to work this time. My hands didn’t shake as I stuck the last two pieces together.


Mum was knocking on my door.


Cradling the mended clock, I placed it gently in the box. One by one, I removed my fingers. It remained whole. I smiled from ear to ear. All I needed to do was to close the lid carefully and wrap Mum’s gift.


Mum was reminding me about the Christmas Eve presents.


‘Coming Mum!’


She walked away.


Pinchapum stretched his necks to examine the content of the box, then clapped before jumping from my bed. As he tumbled, he tipped my mountain of teddies that when crashing down on … the clock. I stopped breathing, my body was shaking. While Pinchapum appeared unaware of the catastrophe he had created, I was too shocked to speak. He finally noticed the silence and covered his mouth with his hand.


‘Oh! Aline! You had done it, why did you break it?’


That was the last straw. I inhaled deeply before shouting:


‘Get out! I don’t want to see you ever again!’


Pinchapum didn’t move.


Mum knocked on my door:


‘Aline, is everything OK?’


Still staring at Pinchapum, I replied to Mum in my most serious voice.


‘All sorted, Pinchapum will never bother us again!’


Whereas she laughed and walked away, Pinchapum didn’t. He opened his mouth and closed it. I didn’t have to talk. My jaw was clenched, my brow frowning to express my anger, but he also saw my grief in the tears that were blurring my vision. His head dropped, then he bowed and, in a puff of purple smoke, he vanished. I was finally rid of this walking mayhem forever!


Through the veil of sorrow, I stared at the clock. In a mess of sticky tape and stings, it remained in two pieces. Because I spent all my time trying to fix it, I hadn’t made a present for Mum. With a big sigh, I wiped my tears with my pyjama sleeve, then closed the lid. Unfolding a bright red cotton square, I tied the corners over the box to wrap it neatly. I gathered my courage and carried my ruined gift to the living room.



Propped against plush cushions, Luna was settled under the trees and was playing with the shiny ornaments and lights. Mum looked at my hands and beamed. However, I didn’t feel like smiling. While she was patting the rug next to her, so I slowly walked to join them. As I sat down, Mum asked me if it was for Luna. I clutched the present against my chest and I shook my head.


‘For me?’ she replied with a hint of surprise.


I was suddenly filled with dread, I wanted to rewind time and put the box back on the top shelf. Instead, I nodded. She stretched her arms and I hesitantly passed the red parcel to her. I didn’t realise how tightly I knotted the fabric. The content was rattling as Mum was loosening the ties. When she saw the plastic lid, she turned away to look at the bookshelves, then returned to the gift. As she opened it, she smiled.


‘You must have worked so hard to fix it, thank you Sweety.’

‘But it’s all broken!’ I wept.


She put the box to the side and wrapped me in a soothing embrace. My head against her chest, I hid my face in her fluffy woolly jumper as she comforted me.


‘No! It’s perfect! Your dad would have loved your idea and he would have tried to mend it with you. What a great memory you brought back, Sweety. Let’s sing!’


After weeks of silence, her first song of the holidays was ‘O Christmas Tree’. My throat was tied in a knot, but I joined in the refrain while Luna was chewing on the wooden snowflake that she had managed to yank from one of the branches.


Chapter 4: Christmas Night


Pinchapum ran after his hat for the fifth time. The gale was howling, the snow had found its way down the back of his collar. He blew on his bare hands as he looked at the back window where a shadow crossed the drawn curtains. He couldn’t hear the sweet lullaby, but he knew Mum was singing to me until we would exchange our daily goodnight wish:

‘I love you; I adore you; I’m giving you millions of kisses.’


Thereafter, the room entered darkness. He followed my mum going downstairs as the lights were switched off one by one until she reached the kitchen where she was going to finish the morning treats for the big day. Pinchapum had spent the last few hours complaining about the unfair treatment he received, but as the storm grew around him, he began to miss the warmth of the house, the cosy cushions and thick duvet of my bed. He lived in our house for centuries and he never own a coat because he didn’t expect a child would kick him out! However, I had not called him back, so now he needed to find a new place to dwell.


He retreated under the branches of the pine tree. Hence protected from the wind, he conjured a flame on a twig. As he watched the shadows lengthening around his den, he couldn’t chase away the image of my tears. That’s when an idea germinated in his head:

Tonight, of all nights, is the most magical of them all! I know the person who will help me get back into the house!


Hanging his bundle on a stick, he set in the storm.



When he reached the top of the mobile mast, he licked his finger, stretched it into the wind and, with one eye closed, he began the incantation:

Let my aim be true, take me to Santa and his crew.


As the gush surrounded him, his body exploded into a puff of golden sequins. The trail of stardust shot to the sky, zigzagged through the clouds to emerge under the twinkling dome of night. It suddenly changed direction to hurtle towards the moon against which a sleigh was creating a shadow. In a swoosh, it crashed in the giant bag of presents and disappeared.


Pinchapum struggled to climb out of the heap of gifts. Untangling his limbs from the bows and using the ribbons, he finally reached the tightly closed opening through which he drove his arm. Before he could shout for help, two pairs of hands pulled him out. He was facing twelve of his most prestigious peers, the Christmas elves. He dusted his jacket then bowed low. None of them returned his smile. Pinchapum cleared his throat:

‘Greetings, fellow elves.’


Their stern silence didn’t intimidate him:

‘In the last 200 years, I have not bothered you…’ he boldly began.


The tallest of the Christmas elves crossed his arms but didn’t reply. Pinchapum turned to him to continue:

‘Goulanum, when you kicked me out of the academy, the Big Chief said I would be allowed one wish. I would like to redeem it now…’


Goulanum wrinkled his nose:

‘Can’t you see we’re busy? Come back tomorrow! Better yet, next year!’


Pinchapum stood his ground. He remembered how I had persevered to fix the clock so, inspired by my determination, he insisted:

‘No! I wish to return in Aline’s home!’

‘If she has rejected you, we can’t change that!’


Pinchapum’s shoulders dropped then he pleaded one more time:

‘At least give her a whale clock.’

‘We’ve already passed the UK, we’ve left her present an hour ago.’

‘Surely you can switch it…’

‘That will ruin the whole schedule. Stop whining and go before we reach Newfoundland. You don’t want the Big Chief to discover he has a stowaway! Whoosh!’


As Goulanum waved his hands, he produced a shock wave. Pinchapum tumbled off the bag of gifts and plummeted towards the Earth. Twisting and whirling inside the icy clouds, he wished to be back in my house. As he pierced through, a transverse wind caught him. He travelled in the high currents until he abruptly stopped in the eye of the storm. Heart bounding, head spinning, it took him a few minutes to realise he was not only safe, but he was also hovering above our street. That’s when he remembered that I had kicked him out of my room, not my home. Although he couldn’t show himself to me again, he could get in and fix the whale.


Shouldering the cat flap, he entered the home and tiptoed to reach the broken clock left under the tree. He imagined the pieces together and rubbed his hands to gather his magic. As he touched the dorsal fin, it shook. The vibrations travelled from one fragment to the other. They lifted, and clustered but, as they were fusing, Pinchapum glitched. They felt back and so did he.


His body was trembling as all his strength drained away. As his sight was shrinking, he managed to grab hold of the lower branches and dragged himself to the foot of the tree where he curled up and closed his eyes. While tears overflowed on his icy cheeks, he whispered:

‘I’m sorry Aline, I wish I could give you what you desire the most in the world.’


***