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Shadows of the Mind 4 - Les ombres de l'esprit 4

Français / English


Image by Peace,love,happiness from Pixabay

Le code

. . . - - -. . .

Je les entends à nouveau.


Les petits coups provenant de ma garde-robe répètent un message codé.


Le lampadaire de l’entrée principale projette des ombres entre les rideaux battants de la vaste baie vitrée. La planche de contreplaqué remplaçant l’un des grands panneaux de verre ne peut pas contenir les bourrasques hurlantes qui traversent l’étroite vallée. Je me détourne en soulevant la couverture jusqu’à mon cou.


Les vieilles demeures isolées craquent et gémissent naturellement. Je ne devrais pas laisser libre cours à mon imagination. Hier soir, lorsque le personnel est retourné au village, je me suis retrouvé seul dans ma maison fraîchement héritée. Pendant le dîner, le cuisinier m’a raconté que mon grand-oncle Charlie est décédé paisiblement dans son sommeil. Cousin Andrew était son héritier, mais, au cours de sa première nuit dans cette chambre, il a sauté par cette fenêtre et a disparu dans la forêt. Des randonneurs l’ont trouvé une semaine plus tard au bas d’une falaise : pieds nus, en pyjama, le cou cassé. L’enquêteur a conclu qu’il s’agissait d’un accident tragique causé par l’un de ses épisodes de somnambulisme. En tant que nouveau maître de ce manoir, j’aurais choisi une autre pièce, mais la femme de chambre avait préparé celle-ci ; la plus grande et la plus chaude de toutes !

. . . --- . . .

Qu’est-ce que c’était ? Je ne connais peut-être pas le code morse, mais c’est bien SOS que j’entends ! Mon instinct m’avertit que dans chaque film d’horreur, la personne qui ouvre la porte meurt, mais en réalité quelqu’un pourrait être en danger ! Alors que je repousse la couverture pour m’asseoir, mon esprit me presse à nouveau :


Dans la garde-robe ?


Mon regard perce l’obscurité pour observer la garde-robe en chêne massif qui occupe la moitié du mur du fond. J’espère bien que les petits coups recommenceront. Le sifflement du vent est le seul bruit que je perçois. En relâchant la tension, je me laisse tomber dans le matelas moelleux et ma tête s’enfonce dans l’oreiller de duvet.

Tandis que l’horloge du foyer carillonne deux fois, la pluie frappe la fenêtre tel le roulement furieux d’une caisse claire, noyant les coups et toutes les pensées qui persistent encore dans mon cerveau fatigué. La foudre suit et remplit la pièce d’un éblouissement intense qui imprime la forme du lustre suspendu sur ma rétine. L’image s’estompe, pour être remplacée par le visage de grand-oncle Charlie. Presque simultanément, le tonnerre s’écrase sur le toit et le souvenir de mon grand-oncle disparaît.


Je devrais me lever pour fermer les rideaux correctement, mais entre les éclairs aveuglants et le rugissement assourdissant de la tempête, les coups ont recommencé. Bien que je ne puisse pas déchiffrer les longues séquences qui sont maintenant produites frénétiquement, elles me donnent des frissons dans le dos. Pour étouffer à la fois ma peur et l’appel de la garde-robe, je tire la couverture au-dessus de ma tête, trouve mon téléphone sous mon oreiller et google : traducteur de code morse.

... --- .-. ...
... .- ..- ...-. -....- - --- ..

Je fais défiler l’écran pour identifier une application qui va décoder le message à partir du son. J’appuie sur l’icône pour enregistrer et sors mon bras. Comment vais-je savoir si cela fonctionne ou non ? Je glisse ma main sous l’édredon pour constater qu’aucun code n’a été détecté. Je dois rester calme afin de pouvoir déterminer rationnellement la raison de ces coups. Je roule hors du lit. Mes orteils se replient lorsqu’elles touchent le plancher de bois. Je m’étire vers la table de chevet. L’interrupteur clique, mais la lumière ne vient pas. En utilisant la torche sur mon téléphone, je m’approche de la silhouette menaçante de la garde-robe.


Alors que je m’accroupis vers la source des coups, mon téléphone bourdonne pour indiquer que j’ai reçu un texte. Je regarde l’écran et laisse tomber le mobile en étouffant un hoquet de stupeur. Le message provient de Cousin Andrew ! Mon cœur bat si vite que je ne peux plus respirer ! Dans ma panique, j’ai réussi à sauter loin de mon téléphone et de la garde-robe. La tempête s’acharne sur le toit juste au-dessus de moi. Le vacarme qui m’entoure m’empêche de penser. Pourtant, je dois retrouver ma sérénité et identifier qui m’a envoyé ce texte en utilisant le téléphone de cousin Andrew.

Rassemblant mon courage, je rampe vers mon téléphone, ouvre le texte et me fige. Alors que je lis « sors » sur le texte, l’application de code morse traduit de vive voix : « sauve-toi ». Je suis toujours en train de traiter l’impossibilité de ces messages lorsque, simultanément, l’application et le texte répètent les mêmes deux lignes sans arrêt :


Sors – Sauve-toi - Sors – Sauve-toi - Sors – Sauve-toi - Sors – Sauve-toi - Sors – Sauve-toi.


Je bondis, laissant loin de moi mon téléphone et la garde-robe. Le cœur battant, je m’appuie contre le lit pendant quelques secondes pour rassembler mes forces et mes pensées. La foudre me montre finalement le chemin pour m’enfuir : la porte est ouverte. Je suis tellement content de ne jamais fermer la porte de ma chambre ! Alors que je me précipite vers la sortie, l’obscurité totale m’engloutit, mais j’arrive presque au couloir donc je continue à pleine vitesse. Trois pas plus tard, mon front percute un morceau de bois. Une douleur aiguë résonne dans mon crâne et se propage le long de ma colonne vertébrale alors que je bascule vers l’arrière. L’entité qui m’attend dans la garde-robe a gagné.


***

Les cris de la femme de chambre me ramènent à la conscience. Je cligne des yeux plusieurs fois pour m’adapter à la lumière du soleil matinal inondant la pièce, puis son visage inquiet prend forme au-dessus de moi. Je m’assieds et grogne quand mon front commence à me tenailler. Alors que mes doigts tâtent la bosse et le sang séché, j’aperçois la tache rouge que mon crâne a laissée sur le cadre de la porte. La femme de chambre attrape mon bras pour m’aider à me lever, mais je ris en lui demandant de me procurer un sac de glace. Marchant à reculons, elle regarde la pièce jusqu’à ce qu’elle atteigne le couloir dans lequel elle s’éloigne à petits pas rapides. J’examine à mon tour le lit défait, la table de chevet renversée et la garde-robe… ouverte.


Je ne l’ai certainement pas ouverte ! Cependant, peu importe à quelle vitesse mon cœur se débat, j’ai besoin de comprendre ce qui m’a tourmenté durant la nuit ! Mon courage renouvelé par le nouveau jour, je m’approche et je jette un coup d’œil à l’intérieur. Les journaux intimes de mon grand-oncle sont soigneusement rangés sur des étagères, chaque tranche des luxueux calepins de cuir noirs est gravée de chiffres et de dates en lettrage doré. Je prends le dernier et feuillète les pages. J’y trouve alors le message adressé à Cousin Andrew :


La maison te protégera toujours de la malédiction de la pleine lune. Même si la forêt essaie de t’attirer, n’écoute pas son appel pressant, car ce sera ta fin.



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The Code

. . . - - - . . .

I heard it again.


The tapping coming from my wardrobe is repeating a coded message.


The drive’s lamppost sends shadows between the flapping curtains of the vast bay window. The plywood board replacing one of the large glass panels can’t hold the howling gale racing through the narrow valley. I turn around and lift the cover up to my neck.


Isolated old mansions naturally creak and moan. I shouldn’t let my imagination run wild. Last evening, when the staff returned to the village, I was left alone in my recently inherited home. During dinner, the cook told me that Great-Uncle Charlie peacefully passed away in his sleep. Cousin Andrew was his heir but, during his first night in this room, he jumped out of this window and disappeared in the forest. Hikers found him a week later at the bottom of a cliff, barefoot and in his pyjamas, with a broken neck. The investigation concluded in a tragic accident caused by one of his sleepwalking episodes. As the newest master of this mansion, I would have chosen another room, but the maid had prepared this one; the largest and warmest of them all.

… --- …

What was that? I might not know Morse code, but this is an SOS message! My instincts are warning me that in every single horror movie, the person who opens the door dies, but this is real life, someone might be in danger! As I flip the cover and sit up, my mind pings at me again:


In the wardrobe?


I stare through the darkness at the massive oak wardrobe occupying half of the back wall, hoping the tapping will start again. The wind whistling is the only noise I perceive. Releasing the tension, I drop into the soft mattress and my head sinks in the down pillow.


As the mantelpiece clock chimes twice, the rain hits the window in a relentless snare drum, drowning the tapping and any thought still lingering in my tired brain. Lightning follows and fills the room with an intense glare which imprints the shape of the suspended chandelier onto my retina. It fades, to be replaced by the face of Great Uncle Charlie. Almost simultaneously, thunder crashes over the roof and the image of my great-uncle vanishes.


I should get up to close the curtains properly, but between the blinding flashes and deafening roar of the storm, the tapping has started again. Although I can’t decipher the long sequences that are now frantically produced, they send shivers down my spine. To muffle both my fear and the call from the wardrobe, I pull the cover over my head, find my phone under my pillow and Google Morse code translator.

… – …- . / – . – – ..- .-…-…-.
—. . - / --- ..- -

I scroll to identify an app that will decode from sound. I press record and get my arm out. It’s probably best if I check whether it works or not. No code detected. I must remain calm so I can determine rationally the reason for this tapping. I roll out of bed. My toes curl as they land on the wood floor. I stretch out towards the bed side table. The switch clicks, but the light never comes. Using the torch on my phone, I approach the ominous silhouette of the wardrobe.


As I crouch nearer to the tapping, my phone buzzes to indicate I received a text message. I look and drop the mobile with a gasp. It comes from Cousin Andrew! My heart beats so fast that I can’t breathe! In my panic, I’ve managed to jump away from both my phone and the wardrobe. The storm is pounding on the roof just above me. It’s so loud, I can’t think. Yet, I must regain my serenity and identify who sent me that text from Cousin Andrew’s phone.


Gathering my courage, I crawl to my mobile, open the text and freeze. As I read ‘get out’ on the text, the Morse code app translates out loud: ‘save yourself’. I’m still processing the impossibility of these messages when, simultaneously, the app and the text repeat the same two lines over and over:


Get out - Save yourself - Get out - Save yourself - Get out - Save yourself - Get out - Save yourself


I leave my phone behind to scuffle away from the wardrobe. Heart pounding, I lean against the bed for a second to gather my strength and my thoughts. Lightning finally shows me the escape route: the door is open. I’m so glad I never close my bedroom door! As I dash towards the exit, total darkness engulfs me, but I’m nearly at the corridor so I continue full speed ahead. Three steps later, my forehead rams into a piece of wood. A sharp pain reverberates in my skull and down my spine as I crash backwards. Whomever is in the wardrobe has won.


***

The screaming maid brings me back to consciousness. I blink many times to adjust to the morning sunlight flooding the room, then her worried face gets into focus above me. I sit up and grunt when my forehead begins to throb. As my fingers touch the lump and crusted blood, I notice the red smudge my skull left on the door frame. The maid grabs my arm to help me, but I laugh and ask her to get me an ice pack. Walking backwards, she stares at the room until she reaches the corridor where she scuffles away. I look at the unmade bed, the toppled bedside table and the wardrobe… opened!


I certainly didn’t open it! However, no matter how fast my heart is racing, I need to understand what tormented me last night! My courage renewed by the new day; I approach and peek inside. My great-uncle’s diaries are neatly arranged on shelves, each spine of the luxurious black moleskins is engraved in gold lettering with a number and dates. I grab the last one and flip through the pages to find the message addressed to Cousin Andrew:

The house will always protect you from the full moon’s curse. Although the forest will try to lure you, don’t listen to its tantalising call as it will be the end of you.


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